Roger Souchère

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Roger Souchère
Description de l'image Roger Souchère.jpg.
Données clés
Nom de naissance Roger Georges Scipion Souchère
Naissance
Courbevoie, Hauts-de-Seine, France
Décès (à 64 ans)
Nationalité France Français
Profession
Architecte DPLG
Ingénieur des arts et manufactures
Autres activités
Auteur
Rédacteur en chef de "Connaissance de l'homme"
Distinctions
Ascendants
Père : Paul Louis Scipion Souchère
Mère : Marie Charlotte Gitton

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Roger Souchère, né le à Courbevoie et mort le , est un architecte et résistant français, membre de l'OCM et fondateur du réseau Cincinnatus.

Biographie

Franc-maçonnerie

Roger Souchère était franc-maçon, il fut initié le , passé le et élevé à la Maîtrise le .

Il occupa successivement les postes et rangs suivant :

  • Trésorier entre 1926 et 1927.
  • Deuxième Surveillant entre 1928 et 1929.
  • Premier Surveillant entre 1930 et 1932.
  • Installé dans la Chaire le .
  • Vénérable Maître de « Confiance » n°25 entre 1929 et 1930.
  • Il rejoint le Grand Collège Provincial de Neustrie en tant que Grand Archiviste Provincial en .
  • Il est nommé Deuxième Grand Surveillant Provincial lors de la Tenue de la Grande Loge Provinciale du puis confirmé lors de celle du .

Il démissionne avec fracas le , avant de demander sa réintégration le [1],[2].

Seconde Guerre mondiale

Guerre de 1940

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Roger Souchère est mobilisé lors de la bataille de France en tant que capitaine d’artillerie, l'issue du conflit voit le IIIe Reich l'emporter. Durant l'occupation de la France par les troupes allemandes le pays est coupé en deux, avec la zone occupée, où il va animer des réseaux de Résistance à partir d', et la zone libre contrôlée par le régime de Vichy jusqu'au et l'invasion de cette zone par les troupes allemandes et italiennes lors de l'opération Anton.

Résistance

« Participa en août 1940 très activement à la création de la Résistance et anime divers mouvements. Fait usage de ses connaissances pour obtenir des résultats dans les domaines les plus divers : renseignements, fabrication d'engins, impression journaux, recrutement de patriotes, évasion de prisonniers. Grâce à son courage et son sang-froid empêche l'arrestation de nombreux camarades », déclaration du ministre des anciens combattants du , fiche de renseignements de Roger Souchère pour sa nomination au rang d'officier de la Légion d'honneur.

Il est capitaine des FFI, 18e région. Il est possible de consulter son dossier administratif de résistant, n°GR 16 P 295705, en salle de lecture Louis XIV du Château de Vincennes.

L'OCM

, l'Organisation Civile et Militaire naît en zone occupée de deux groupes dirigés par Jacques Arthuys et Maxime Blocq-Mascart. Roger Souchère fait partie de la première direction et occupe le poste de chef d'état major sous les ordres de Jacques Arthyus, industriel et chef du mouvement[3].

L'OCM est décapitée avec l'arrestation de ce dernier le , il meurt en déportation en . Le réseau survit, Maxime Blocq-Mascart et le colonel Alfred Touny en reprennent la tête. La direction est reformée avec deux nouvelles recrues : Jacques-Henri Simon et Jacques Rebeyrol.

Roger Souchère aura fait partie de la direction d'un des organismes de Résistance les plus importants de la zone occupée. Ses réseaux auront donné aux services de renseignements de Londres de nombreuses informations, qui permirent aux armées alliées de préparer et de réaliser le débarquement de Normandie dans les meilleures conditions[4].

Cincinnatus
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Il crée en parallèle le réseau Cincinnatus qui aidait des femmes et des hommes à franchir la ligne de démarcation. Il est arrêté le pour faits de résistance, peu avant Jacques Arthyus. Il est interné à la Santé puis à Fresnes avant d'être déporté en Autriche[5].

Déportation

Roger Souchère, matricule n°26174, part de Compiègne le avec le transport I.93 en direction du camp de Mauthausen où il arrive le . Il fait partie des déportés de l'opération Meerschaum.

Lors de son parcours au sein du complexe concentrationnaire, il est affecté le au Kommando de Wiener Neudorf, camp annexe créé le et détaché du KL de Mauthausen. De nombreux prisonniers politiques y travailleront jusqu’au . Il est ensuite affecté au camp central de Mauthausen-Gusen, son appellation après l'été 1940, l’un des camps les plus durs et les plus meurtriers du système de concentration nazi.

Il est libéré du camp de Mauthausen le et est rapatrié à Annecy le . Il fait partie des libérations anticipées par la Croix-Rouge[6],[7],[8].

L'après-guerre

La Seconde Guerre mondiale prend fin avec la capitulation de l'empire du Japon le , quelques mois après la capitualtion de l'Allemagne nazie le .

Roger Souchère est très investi dans les associations, il est notamment :

  • Président de l'amicale du réseau Hector-Cincinnatus.
  • Président de la section Paris-Ouest de l'association des français libres.
  • Membre du conseil d'administration de l'amicale des déportés de Mauthausen.

Vie privée

Tombe de Roger et Jacqueline Souchère au cimetière du Père-Lachaise.

Fils de Paul Louis Scipion Souchère et de Marie Charlotte Gitton, il épouse le Émilie Marie Lescuyer de Savignies. Leur divorce est prononcé le et il épouse le Marie Amélie Jacqueline Richet, rescapée du camp de Ravensbrück, avec qui il aura Jeanne Souchère[9].

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (41e division).

Décorations

Légion d'honneur

  • Le , Roger Souchère est nommé chevalier de la Légion d'honneur, en qualité d'ex capitaine des FFI.
  • Le , il est nommé officier de la Légion d'honneur par décret du ministre des anciens combattants, en qualité de déporté résistant.
  • Le , il est nommé commandeur de la Légion d'honneur par décret du ministre des armées, en qualité d'ancien Lieutenant Colonel des FFC.

Médailles

Ruban Décoration
Chevalier de la Légion d'honneur Commandeur de la Légion d'honneur
Croix de guerre 1939-1945 avec 1 palme, 1 étoile de vermeil et 1 étoile de bronze
Médaille de la Résistance avec rosette
Médaille des services militaires volontaires
Croix du combattant volontaire de la Résistance
Croix du combattant
Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre (médaille FFL)
Médaille commémorative française de la guerre 1939-1945[10],[11]
Médaille de la déportation pour faits de Résistance (1948)[réf. souhaitée]

Le Patriote Résistant

Témoignage de Roger Souchère dans « Le Patriote Résistant », journal national à publication mensuelle de la FNDIRP, paru au mois de  :


« Après les mois de cellule où la solitude n'était rompue que par les interrogatoires de la Gestapo, Compiègne, c'était la reprise de contact avec d'autres êtres pensants, avec la vie civilisée. Pour ceux qui voyaient le poteau d'exécution s'estomper, encore que la fusillade d'otages ne fût pas exclue, c'était l'explosion de vie trop longtemps comprimée, de l'homme qui retrouve un calme relatif après la grande angoisse. Pour ceux-là qui étaient au pouvoir des nazis pour des motifs honorables, c'était retrouver le contact avec l'action, avec ce que cela comporte d'espoir et de regrets d'en être éloignés.

Quelques repris de justice, sans oublier les mauvais garçons. D'une façon générale, toute cette faune arrivait directement à Royallieu sans passer par la prison. La veille encore elle grouillait en liberté, puis brusquement elle était parquée avec nous, apportant sa turpitude, ses préoccupations abjectes et sa superbe. Pour certains éléments, et non des moindres, tout se terminerait sans encombre, contre versement d'une part plus ou moins considérable sur le produit des rapines, entre les mains d'un vertueux nazi ; ce serait la remise en liberté, avec la possibilité de poursuivre la carrière si bien commencée.

Le hasard de la répartition dans les bâtiments et les chambres nous avait jetés dans la promiscuité la plus pénible et souvent nous avions le désagrément de nous laisser surprendre par l'allure générale ou la faconde d'un indésirable ; car, il faut bien le reconnaître : pas plus le héros que le lâche ne se recrute dans une classe déterminée de la société.

Les oppositions entre les conceptions de la vie se manifestaient à chaque instant, sourdes ou violentes, et ce sont elles qui nous ont permis de prendre plus rapidement et plus complètement la mesure de notre vérité intérieure, ce sont elles qui nous ont permis de prendre la pleine conscience de la force qui nous animait tous collectivement dans les cellules de la Gestapo, ce sont elles qui ont mis en pleine lumière la foi qui allait galvaniser la France, cette foi grandiose dans la vie, dans la liberté, dans l'union de tous, d'abord pour rejeter l'Allemand, mais ensuite et surtout pour construire un avenir meilleur.

La vie à Compiègne recevait tout son relief de cette dualité de concepts fondamentaux. Il y avait d'un côté tous ceux qui se lamentaient sur l'insuffisance de la soupe ou du pain, tous ceux qui bornaient leur horizon à l'aspect matériel, tous ceux qui étaient la proie du désespoir pour avoir été éloignés de leur cher et vil argent. Il y avait les autres, qui paraissaient encore plus grands et plus purs. Les nouvelles du combat, les revers de l'armée allemande, la probabilité des débarquements en Normandie ou sur la côte provençale, les projets d'évasion les plus osés et parfois réussis, voilà ce qui retenait leur intérêt et les maintenait en éveil.

Déambulant par petits groupes amicaux sur la place de sport, heureux de retrouver la verdure d'un arbre, heureux de retrouver un ami qu'ils avaient cru fusillé, ceux qui étaient étonnés de n'avoir pas été exécutés échangeaient des souvenirs qui, s'ils avaient été surpris par la Gestapo, auraient pu les conduire au poteau.

Au cours de ces promenades, nous avons pu nous reconnaître, nous avons pu faire le point en toute quiétude. Elles furent la trêve avant la grande souffrance, car nous y avons trouvé la certitude du triomphe de notre cause et de sa légitimité, car là se manifestait splendidement notre foi commune dans la liberté et dans l'amour de l'humanité, sans que nous soyons gênés en quoi que ce soit, dans notre union complète, par nos différences sociales, politiques, philosophiques ou religieuses.

Cette foi et cet amour, nous les avons emportés au fond de nos cœurs, et c'est là que les uns y ont puisé la force de vie qui seule pouvait permettre de supporter le camp de concentration et d'en ressortir vivant, tandis que les autres ont su y trouver la raison et la justification de leur héroïsme et de leur sacrifice.

Renoncer si peu que ce soit à cette foi et à cet amour avant leur triomphe définitif serait trahir nos morts »[12].
 

Notes et références

  1. « Le "Centre des Amis" n° 1, 1917-1940 », sur liberlatomorum.jimdo.com (consulté le )
  2. « Archives Grande Loge Nationale, des témoignages émouvants » (consulté le )
  3. « Musée de la résistance en ligne », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  4. A. Calmette, « LA FORMATION DE L'O.C.M. (ORGANISATION CIVILE ET MILITAIRE) Août 1940-mars 1942 », Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, vol. 9, no 35,‎ , p. 1–24 (lire en ligne, consulté le )
  5. « COLOMER François, Robert, Gaston - Maitron », sur maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr (consulté le )
  6. dev by www.spi-interactive.com, « Monument Mauthausen III - 26174 », sur www.monument-mauthausen.org (consulté le )
  7. Souchère, Roger (1899-1963), « BnF Catalogue général », sur catalogue.bnf.fr (consulté le )
  8. (en) « Transport parti de Compiègne le 16 avril 1943 (I.93.) », sur www.bddm.org (consulté le )
  9. « Jeanne SOUCHÈRE - Family tree Mathieu NIVAL - Geneanet », sur gw.geneanet.org (consulté le )
  10. « Ministere de la culture - Base Léonore - Page 11/23 dossier Roger Souchère », sur www.culture.gouv.fr (consulté le )
  11. « Ministere de la culture - Base Léonore - Page 19/23 dossier Roger Souchère », sur www.culture.gouv.fr (consulté le )
  12. Jacques Ghémard, « Roger Georges Scipion Souchère - Les Français Libres », sur www.francaislibres.net (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

  • A. Calmette, La formation de l'O.C.M. (Organisation Civile et Militaire) - , Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, Presses Universitaires de France, no 35, , 24 p.

Ses écrits

  • Roger Souchère, « Gustave Umbdenstock, un grand patron disparaît… », L'Architecture française, no 2, déc. 1940, p. 49.

Articles connexes

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